Des Dragons dans les halls
Achevant sa trilogie autour des Don Quichotte des temps modernes (_Philippe K. ou la fille aux cheveux noirs_, puis _Rodez-Mexico_), l’auteur, romancier, metteur en scène, comédien Julien Villa rameute son adolescence dans la destinée de rois losers magnifiques – David, Fafa et Julo – qui trouvent dans le rap des années 90 matière à se faire adouber par les gros bras d’une cité de Montpellier. Depuis le plateau frontal de l’émission de radio, ça rappe, ça délire, ça battle, ça dérape. La langue est nerveuse, le théâtre foisonnant et libre, des figures manga se font marionnettes et des boites de pizza deviennent décor. Entouré de deux jeunes comédien·nes, Anaïs Gournay et Amine Hamidou et de son acolyte, le musicien Tristan Ikor, Villa invente une poésie des halls d’immeubles sous influence de _Dragon Ball Z_, dans une nouvelle facette de ses obsessions mythologiques.